L'Information D'üquipe
Ari VATANEN
Tiziano SIVIERO
Colin McRAE
Tina THÖRNER
Giniel DE VILLIERS
Jean-Marie LURQUIN
PILOTE
36 ans, né le 5 août 1968 à Lanark
Marié, 2 enfants
2e participation au Dakar
Palmarès au Dakar : 20e en 2004 (2 victoires d’étapes)
Victoires en rallye-raid : Baja Portalegre 2004.
Palmarès en rallye : champion de Grande-Bretagne 1991 et 1992 ; 25 victoires en mondial, champion du monde 1995.

Ce pilote-là ne peut pas laisser indifférent. Quiconque a vu un jour évoluer dans une spéciale de rallye une voiture pilotée par Colin McRae en garde un souvenir impérissable. La qualité première d’un pilote est de connaître ses limites pour mieux les tutoyer. L’Ecossais, lui, n’a pas de limites. Ce « chien fou » excelle sur tous les terrains. Longtemps recordman du nombre de victoires mondiales en rallye, champion du monde 1995, Colin McRae est une des figures emblématiques de la discipline. Sans volant à l’issue de la saison 2003, l’Ecossais n’hésite pas une seconde lorsque Nissan lui propose de se frotter au Dakar. Avec le désert, il trouve un terrain de jeu à la mesure de son talent : immense. Vainqueur à trois reprises du Safari, manche africaine du championnat du monde des rallyes jusqu’en 2002, Colin McRae a toujours eu un penchant pour ces épreuves au long cours, où seuls ceux qui savent se dépasser parviennent à s’imposer. Au départ de Clermont-Ferrand le 1er janvier 2004, certains doutent de la capacité de ce champion hors du commun à réfréner ses ardeurs sur une épreuve où le moindre écart ne pardonne rien. Colin répond sur la piste, avec deux victoires d’étape et une extraordinaire aventure humaine lors de l’étape marathon de Tidjikja, durant laquelle il passe une nuit seul dans le désert. McRae entre avec cette histoire dans la légende du Dakar. Maintenant, c’est au palmarès de l’épreuve qu’il veut écrire son nom. Sa victoire à la Baja Portalegre en octobre dernier au volant du Pickup Nissan 2005 est un nouveau signe indéniable du talent et de la polyvalence de ce pilote incroyable.
L’INTERVIEW D’Colin McRAE
« Je veux gagner »
Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
- J’attends le départ avec impatience. Ça va être intéressant de voir où on se situe par rapport à la concurrence, avec la nouvelle voiture, une équipe en grande partie nouvelle… Oui, j’ai hâte d’être au départ.

- Qu’est-ce que vous allez faire d’ici fin décembre ?
- J’ai pas mal de choses personnelles à faire. Je vais beaucoup m’entraîner. On a programme d’exercices physiques spécifiques au Dakar à effectuer seul. Ensuite, il y aura le shakedown des voitures de course, début décembre, qui servira à vérifier que tout fonctionne. Mon agenda est pas mal chargé, je ne vais pas m’ennuyer !

- Quels seront vos objectifs cette année ?
- J’aimerais bien gagner ! Je suis au départ pour ça. Je ne fais pas de la compétition pour finir 2e. Je veux gagner. L’année dernière, je découvrais le Dakar, la voiture était nouvelle et peut-être pas assez bien préparée pour un événement aussi difficile. Ces derniers mois, nous nous sommes très bien préparés. On a fait beaucoup plus de tests. Ça s’annonce bien : les performances de la voiture sont bonnes, la fiabilité semble bien meilleure que l’an dernier. Mais c’est une course très très longue. Faire seize jours de course sans connaître le moindre problème relève du miracle. Mais mon objectif personnel est de remporter le Dakar.

- Quels souvenirs gardez-vous de votre premier Dakar ? Dans quel domaine avez-vous le plus appris ?
- Déjà, je peux dire que, malgré tout ce qui m’est arrivé l’an dernier, je garde un bon souvenir du Dakar puisque je reviens cette année ! Pourtant, ce fut un Dakar difficile, on a dû camper deux nuits dans le désert et je dois avouer que j’avais connu des endroits plus sympas pour faire du camping ! Mais ça m’a permis d’apprendre beaucoup. En une seule participation, j’ai connu tout ce qu’il peut y avoir comme difficulté sur le Dakar. Ce que j’ai appris le plus ? (hésitation) Je crois que je m’étais bien préparé l’an dernier, autant sur le plan mental que sur le plan physique. Et quand tu participes pour la deuxième fois à une course c’est plus facile parce que tu as des repères. Là où j’ai le plus appris, c’est dans les dunes puisque je n’avais jamais piloté dans le désert. La majorité du rallye l’an dernier se déroulait sur des pistes assez bien identifiées donc je n’avais pas trop de difficultés à aller vite et ça m’a permis de remporter deux étapes. D’après ce qu’on sait du Dakar 2005, il y aura beaucoup plus de franchissement. Ce sera un Dakar plus traditionnel et donc plus difficile pour moi car je manque encore d’expérience. Mais depuis le Desert Challenge à Dubaï, je me sens beaucoup plus à l’aise dans les dunes. Je pense donc que ça va bien se passer pour moi. En tout cas je suis confiant.

- Vous avez pu tester le Pickup 2005 en course, en remportant la Baja Portalegre. Quelles sont les améliorations par rapport au modèle que vous pilotiez l’an dernier ?
- Les plus grosses innovations concernent les suspensions, la motricité et le moteur. On a beaucoup gagné en performance dans les portions où il y a beaucoup de sable. Le facteur clé, c’est le moteur, qui délivre beaucoup plus de couple et rend la voiture plus facile à piloter dans les franchissements. Faire ce qu’a fait l’équipe en seulement huit mois, c’est extraordinaire. Nous sommes une petite équipe mais tout le monde a travaillé très dur. Il faudra que la voiture soit fiable. Ça a l’air d’être le cas mais pour un Dakar, tu n’en fais jamais assez. Il est impossible de tout prévoir. Ma victoire au Portugal est une bonne récompense pour l’équipe, ça serait sympa de continuer ainsi.

- Par rapport à la Baja, en quoi le Dakar est plus difficile ?
- La longueur de la course. Les Baja sont des épreuves assez courtes. Une seule étape du Dakar est aussi longue qu’une Baja entière ! De plus, au Dakar, tu dois adapter ton rythme en fonction du terrain que tu rencontres. Tu peux attaquer à 100 % quand les conditions de piste le permettent mais à d’autres moments, il faut ralentir pour ne pas risquer d’abîmer la voiture. La différence sur une Baja, c’est que tu es à fond du départ à l’arrivée parce que les conditions de piste sont homogènes sur tout le parcours, il n’y a pas de gros pièges comme au Dakar, où plus tu attaques plus tu prends des risques. Il faut savoir doser son effort.

- D’après-vous, quelle est la meilleure tactique sur un Dakar. Vaut-il mieux attaquer en début de course ou d’abord observer les autres ?
- D’après ce que j’ai vu l’année dernière, il faut rouler vite d’entrée. C’est toujours mieux d’être dans le Top 3 à l’arrivée au Maroc. D’une part parce que si tu as un problème dans la première ou la deuxième étape tu pars derrière des concurrents plus lents que toi et tu passes ta journée sans pouvoir les doubler à cause de la poussière. C’est un désastre ! C’est dangereux et pas très amusant. Donc j’aimerais bien être dans les premiers du général pour la première étape marocaine.
1986 débute sa carrière en rallye sur Talbot Sunbeam  
1987 36ème au Rallye de Suède sur Vauxhall Nova - début en Championnat du Monde des Rallyes  
1988 Rejoint le Peugeot Junior team  
1989 5ème en Nouvelle Zélande - Ford Sierra  
1990 6ème au RAC - Ford  
1991 Rejoint le Team Prodrive Subaru  
  Champion de Grande Bretagne des Rallyes  
1992 5 épreuves en Championnat du Monde- 2ème en Suède - 8ème au Championnat du Monde Pilotes  
  Champion de Grande Bretagne des Rallyes sur Subaru: 6 victoires  
1993 8 épreuves en Championnat du Monde -1ère victoire en Nouvelle Zélande - Subaru
8ème au Championnat du Monde Pilotes
 
1994 Victoires en Australie et au RAC - Subaru
4ème au Championnat du Monde Pilotes
 
1995 Saison complète en Championnat du Monde -Subaru
Victoires en Nouvelle Zélande et au RAC
 
  Champion du Monde des Rallyes  
1996 Victoire à l'Acropole, au SanRemo et en Catalogne - Subaru, 2ème au Championnat du Monde Pilotes  
1997 Vainqueur de 5épreuves du Championnat du Monde - Subaru, 2ème au Championnat du Monde Pilotes  
1998 Vainqueur de 3épreuves du Championnat du Monde - Subaru, 3ème au Championnat du Monde Pilotes  
1999 Rejoint Ford, victoires au Kenya et au Portugal, 6ème au Championnat du Monde Pilotes  
2000 Victoires en Espagne et en Grèce - Ford, 4th , 4ème au Championnat du Monde Pilotes  
2001 Victoires en Argentine, Chypre et Grèce - Ford, 2ème au Championnat du Monde Pilotes  
2002 Victoires en Grèce et au Kenya - Ford, 4ème au Championnat du Monde Pilotes  
2003 Rejoint Citroën, 7ème au Championnat du Monde Pilotes  
2004 Dakar - Nissan Rally Raid Team - Nissan Pickup 2004  
  UAE Desert Challenge - Nissan Pickup 2003  
  Baja Portalegre - Nissan Pickup 2005 - 1er scratch  
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