Le 17 novembre, Amaury Sport Organisation (ASO), le sponsor du Rallye Dakar, a choisi le restaurant parisien Pabellon Armenonville au Bois de Boulogne pour dévoiler les grandes lignes du Telefonica Dakar 2005. Des 4x4 officiels flanquaient l'entrée, alors qu'à l'intérieur, des véhicules de compétition recréaient l'ambiance haute en couleur et incomparable du Dakar dans le hall de réception de 15 mètres de côté. Dans une atmosphère pleine d'entrain, la présentation a commencé à 10 heures en présence de quelque 500 personnes, représentant les participants, la presse et les sponsors.

La réunion a débuté par la projection d'une vidéo de deux minutes à la mémoire de Richard Sainct, le triple vainqueur du Dakar en catégorie moto, décédé lors d’un accident pendant le Rallye des Pharaons en Egypte.

Nommé directeur de l'organisation cette année, Etienne Lavigne a alors présenté les caractéristiques principales du prochain rallye. Il a souligné que l'édition 2005 programmée du 1er au 16 janvier sera raccourcie de deux jours et de 100km par rapport à celle de l'année précédente et que des efforts ont été fournis pour réaliser une course intense et attrayante avec un degré de difficulté élevé. Un autre dispositif a été mis en place dans le but d’améliorer la sûreté en limitant la vitesse à 50 km/h lors des passages dans les villages. Après les étapes, les vérifications des données enregistrées par unités GPS seront effectuées par les sponsors, les appareils étant fournis par ces derniers. Les infractions seront bien entendu pénalisées. La vitesse maximale pour les camions sera limitée à 150 km/h et l'utilisation des systèmes de gonflage/dégonflage automatique dans les catégories T4-roues sera interdite. Les changements aux règlements ont été également expliqués. Les écuries d'usine ainsi que les pilotes de la liste prioritaire (à l'exclusion des motos) devront choisir un seul type de pneumatiques pour toute la durée de la course. L'édition 2005 a attiré 695 candidatures - un record - comprenant les véhicules de la catégorie d’assistance. La popularité de la catégorie moto est évidente, puisque la liste était saturée dès le mois d’août. Le record précédent de 603 entrées a été établi en 1988, mais à l'époque, la plupart des mécaniciens voyageaient par avion. Comme la caravane comprendra cette année 227 camions et véhicules d'assistance, en termes réels, le rallye 1988 comptait un nombre plus élevé de concurrents. M. Lavigne jouit déjà d'une bonne expérience dans la gestion de la logistique d'un rallye et son visage est familier aux habitués de cette épreuve. Il est le cinquième organisateur depuis que le Dakar a été fondé par Thierry Sabine.
Attendue avec impatience, la présentation du parcours par le directeur de course Patrick Zaniroli a causé une petite sensation parmi les participants. La course couvrira juste 5.431 kilomètres en Spéciales sur une distance totale de 8.956 kilomètres et elle traversera cinq pays : l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. En dépit d’une distance réduite, la complexité de l'itinéraire tracé à travers la Mauritanie permet de prévoir une course aux nombreux défis.

Comme déjà annoncé, le rallye prendra son départ à Barcelone, la métropole catalane. Les courses officielles du prologue des 29 et 30 décembre seront suivies d'une étape de gala de 4 kilomètres, appelée Super Spéciale, dans la banlieue de Barcelone. Cette étape de pré-départ a été établie au début des années 90 et elle déterminera le classement pour la Spéciale qui commencera le 2 janvier. Le grand départ de Barcelone sera donné à 10 heures du matin le 1er janvier en commençant par les motards.

Ce jour sera seulement une étape de liaison (transfert) de 919km, menant à Grenade. Le 2 janvier, une Spéciale de 10km se déroulera sur une base militaire, dans la ville de Grenade (le même endroit que lorsque Grenade a été le point de départ de l'épreuve). La catégorie/classe T4 commencera dans l'ordre des résultats du 31 décembre, tandis que la catégorie T2 le fera dans l'ordre inverse du classement de ce jour-là. Ceci sera suivi d'une étape de liaison de 507km jusqu'à Gibraltar. Les concurrents traverseront la Méditerranée la nuit par ferry, débarquant à Rabat au Maroc. Après un court repos, les équipages entameront, le 3, la phase africaine attendue depuis longtemps.

Le premier jour de la phase africaine comportera une Spéciale de 123km, traversant les montagnes de l'Atlas vers Agadir. Bien que ce soit un itinéraire montagneux et familier, pour les concurrents, le risque toujours présent, d'une culbute d'une falaise exigera une vigilance de tous les instants. Le 5 janvier, la course mettra le cap sur Smara, dans le Sahara occidental, et le jour suivant l’étape conduira les équipages à Zouerat où ils entameront leur combat principal en Mauritanie. Tous les lieux de bivouac pour cet événement ont déjà servi dans le passé. Dans des endroits comme la Mauritanie, rares sont les étapes où le choix se limite à une seule route. En décalant l'itinéraire de quelques centaines de mètres, le niveau de difficulté change considérablement et l'on passe de pentes douces facilement parcourues à des dunes de sable meuble. La démarche habituelle veut que le sponsor règle la difficulté de la course en plaçant des points de contrôle. Or en Mauritanie, rien n'autorisera la perte de concentration. Le 6, l'étape vers le bivouac de Tichit sera la première étape marathon sans équipe d'assistance, ce qui signifie qu'à l'arrivée, les véhicules de compétition seront aussitôt séquestrés dans le parc fermé. Cette étape spéciale mène au bivouac de Tichit et l'épreuve reprend le lendemain sans étape intermédiaire de liaison. Des réparations devront donc être effectuées pendant la Spéciale. Tous les dégâts subis par les véhicules pendant cette étape spéciale de 660km vers Tichit, la plus longue de la course, risquent donc d'affecter considérablement le classement, un facteur susceptible d'être déterminant sur le succès ou l'échec des concurrents dans l'épreuve.

Le jour de repos à mi-course sera pris à Atar le 9 janvier. Entouré de montagnes aplaties et rocheuses, Atar a servi comme lieu de repos dans le passé. Le premier jour de la seconde moitié de la course, le 10, le parcours suit une boucle qui s'écarte d'Atar. Comme la campagne environnante est un mélange de sable et de roches, certains conducteurs prévoient que ce sera là l'une des étapes les plus éprouvantes. La course arrive à Bamako, la capitale du Mali, le 12 janvier qui sera une autre étape marathon. Ici aussi les véhicules seront placés en parc fermé, mais à ce stade de la course, le classement final derait être pratiquement connu. Après le Mali, finies les dunes de sable et la route ne sera plus qu’un un test d’endurance. La caravane arrivera au Sénégal le 14 janvier, puis à Dakar le lendemain. Le 15 sera la fin effective de la course. L’étape du 16 ne sera plus qu’une Spéciale, courte et une sorte de cérémonie, le long du Lac Rose en banlieue de Dakar, où les concurrents franchiront enfin la ligne d'arrivée traditionnelle.
| Prèsentation 2005 | Parcours | Programme | Règlement |